Dans un contexte politique et social particulièrement tendu, j’ai souhaité revenir sur plusieurs sujets d’actualité au micro de Sud Radio : la polémique liée à la PPL Yadan, les tensions autour du climat politique à gauche, mais aussi les préoccupations qui touchent concrètement les Français en matière de pouvoir d’achat et de santé.
Ma permanence parlementaire a été criblée de tags soulignant des actes profondément antisémites à mon égard suite à ma cosignature de la PPL Yadan. Je pense sincèrement que le débat démocratique et l’opposition à une proposition de loi sont parfaitement légitimes mais certaines expressions employées dans l’espace public franchissent une ligne inquiétante. La lutte contre des actes d’amalgames ou de stigmatisation est cruciale car elles peuvent dériver vers des propos à caractère discriminatoire. Durant mes nombreuses années de combat politique, j’ai déjà été confronté à des situations de forte hostilité dans des manifestations, ce qui m’a conduit à une vigilance accrue sur la banalisation de certains discours.
Concernant la guerre menée par le gouvernement israélien, je tiens à rappeler ma position constante. Il est indispensable de pouvoir critiquer les gouvernements israéliens, comme celui de Benyamin Netanyahou, notamment sur la question de la colonisation, de la situation à Gaza ou encore des dérives politiques internes. Mais cette critique ne doit jamais servir de prétexte à remettre en cause l’existence même de l’État d’Israël, ni à alimenter des discours ambigus pouvant nourrir l’antisémitisme. En tant qu’universaliste je défends à la fois la sécurité d’Israël et la reconnaissance d’un État palestinien, dans une logique de solution à deux États, qui reste la seule perspective viable.
Je crois en une gauche républicaine et j’exprime mon inquiétude face à certaines divisions et ambiguïtés. J’ai regretté que des organisations politiques et syndicales puissent se retrouver associées à des mobilisations sans toujours prendre clairement leurs distances avec des slogans problématiques. Une gauche des solutions, c’est une gauche qui doit être capable de se rassembler sur des principes clairs, sans céder à des confusions qui fragilisent son message et son unité.
Historiquement, la gauche est le parti qui mène le combat en matière de questions sociales et ne peut donc pas rester silencieux face aux réponses apportées par le gouvernement en matière de pouvoir d’achat. Les mesures annoncées sur les carburants m’ont semblé largement insuffisantes au regard de la hausse des prix. Il existe dans notre pays des précédents historiques de régulation plus fermes des marges lorsque la situation l’exige, et il est possible d’agir plus rapidement pour protéger les consommateurs sans impact budgétaire majeur pour l’État.
Enfin, malgré un vote du Parlement visant à encadrer les hausses des complémentaires santés, les tarifs continuent d’augmenter fortement. Cette situation pose une question fondamentale sur le respect de la parole publique et de la loi votée, ainsi que sur la capacité réelle à protéger les Français face à l’inflation des dépenses de santé. De nombreuses remontées de terrain dans le département de l’Essonne me font part de ces inquiétudes grandissantes, et je tiens à leur rappeler que je ne cesserai de mener ce combat.




