Ma bataille pour le Nutri-Score obligatoire : la santé n’est pas une option
La santé publique ne devrait jamais être une question de couleur politique, et c’est avec cette conviction profonde que j’ai co-signé, ce 27 mars 2026, une proposition de loi transpartisane pour rendre l’affichage du Nutri-Score enfin obligatoire. Ce texte, je le porte fièrement aux côtés de Sandrine Runel et d’un collectif de députés issus de sept groupes parlementaires différents.
Face à l’urgence de ces 12 millions de nos concitoyens touchés par des maladies chroniques, et devant le coût colossal de 134 milliards d’euros pour notre société, nous avons décidé de dépasser les clivages habituels. Je veux saluer ici l’engagement de mes collègues cosignataires qui font de la transparence nutritionnelle une priorité absolue, à commencer par Sandrine Runel, Sabrina Sebaihi et Boris Tavernier pour notre famille de gauche et écologiste, Agnès Pannier-Runacher, Jean-François Rousset, Cyrille Isaac-Sibille, Frédéric Valletoux et Paul-André Colombani pour le bloc central et les indépendants, sans oublier Yannick Neuder pour la droite républicaine.
Cette diversité de signatures prouve que l’obligation du Nutri-Score est une mesure de bon sens qui fait désormais consensus chez les élus comme chez les citoyens, puisque 94 % des Français la soutiennent. C’est d’ailleurs tout l’objet de la Proposition de loi n° 2599 que nous venons de déposer officiellement sur le bureau de l’Assemblée nationale.
Depuis 2017, nous avons laissé les clefs aux industriels, mais le volontariat a montré ses limites. Certains groupes retirent le logo dès que la notation devient plus sévère sur le sucre, préférant cacher la vérité aux consommateurs plutôt que d’assumer leurs recettes. Je refuse que le marketing l’emporte sur la santé. Le Nutri-Score est un outil scientifique français, validé par l’Inserm et l’Anses, qui doit devenir la règle et non plus l’exception. C’est pour moi un levier de justice sociale majeur, car donner une information simple et immédiate, c’est protéger d’abord ceux qui, faute de temps ou de moyens, sont les plus exposés aux risques alimentaires.
Notre initiative législative est précise et opérationnelle. Elle prévoit l’affichage obligatoire sur tous les emballages, à l’exception de nos produits de terroir sous AOP ou IGP, afin qu’aucun produit transformé ne puisse échapper à l’étiquetage. Elle impose également la transparence dans la publicité, car il est anormal qu’une marque vante un produit à la télévision ou sur un panneau sans mentionner sa réalité nutritionnelle. Enfin, nous instaurons une contribution pour la Sécurité sociale, de sorte que les entreprises refusant de jouer le jeu versent une compensation financière directement affectée à la Caisse nationale d’assurance maladie.
En tant que député, mon rôle est de traduire les attentes sociales en actes législatifs concrets. En rendant le Nutri-Score obligatoire, nous ne faisons pas que coller une étiquette, nous sauvons des vies et nous préservons notre modèle de protection sociale. Je mettrai toute mon énergie dans l’hémicycle pour que ce texte, soutenu par la science et par une immense majorité de nos compatriotes, soit adopté dans les plus brefs délais.
