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Ne rien céder : la gauche doit choisir entre ses principes et ses arrangements

Ce matin, j’étais l’invité de France 2 dans Les 4V pour évoquer les enjeux cruciaux de cet entre-deux-tours des élections municipales. Dans un moment où le paysage politique apparaît plus fragmenté que jamais, où les repères semblent vaciller et les lignes se brouiller, j’ai tenu à rappeler une conviction simple mais exigeante : la gauche ne retrouvera sa crédibilité qu’à condition d’assumer une clarté totale, sans ambiguïté ni compromis de circonstance.

Nous traversons une période de confusion politique profonde. Face à cela, la responsabilité des responsables publics n’est pas d’ajouter de la complexité ou de céder aux arrangements tactiques, mais au contraire de redonner du sens, de la cohérence et de la lisibilité à l’action politique. C’est à ce prix seulement que la confiance pourra être restaurée. Trop souvent, la parole politique s’adapte aux circonstances, se contredit d’un territoire à l’autre, se dilue dans des équilibres fragiles. Cela ne peut plus durer.

Je ne vous cache pas ma colère face à certaines alliances locales conclues avec la direction de La France Insoumise. Comment comprendre que le Parti Socialiste ait pu affirmer, il y a à peine quinze jours, qu’aucune alliance n’était envisageable avec Jean-Luc Mélenchon en raison de propos jugés incompatibles avec les valeurs républicaines, pour ensuite valider des arrangements électoraux au niveau local ? Cette contradiction n’est pas anodine. Elle fragilise notre parole et abîme notre crédibilité. La politique ne peut pas être une succession de postures à géométrie variable.

Elle commence par des valeurs, des principes, une exigence de constance. On ne peut pas dénoncer des dérives d’un côté et, de l’autre, accepter des compromis dès lors qu’ils semblent électoralement opportuns. Ce que certains appellent des « accommodements » n’est rien d’autre qu’un renoncement. Et ces renoncements successifs nourrissent la défiance des citoyens, qui ne savent plus à quoi s’en tenir.

Il y a, dans la vie démocratique, des lignes rouges. Elles concernent le respect des institutions, des adversaires, et plus largement du débat public. Lorsque ces lignes sont franchies, lorsque la violence verbale, les outrances ou les ambiguïtés prennent le pas sur la rigueur républicaine, il ne peut y avoir de complaisance. Ce n’est pas une question de stratégie, c’est une question de dignité politique.

À Paris, je veux saluer la campagne remarquable menée par Emmanuel Grégoire. Il a fait le choix de la clarté et de la cohérence, en refusant les ambiguïtés et en assumant une ligne de fermeté face aux outrances. Ce choix n’est pas le plus facile, mais il est le plus juste. Certains m’interpellent : faut-il vraiment prendre le risque de perdre une mairie plutôt que de s’allier ? Ma réponse est constante : oui, si le prix à payer est celui du renoncement à nos principes. L’intérêt général de la gauche républicaine ne se résume pas à l’addition des intérêts particuliers des élus. Gagner à tout prix n’a jamais été une boussole politique valable.

Je préfère la fidélité aux principes de l’intransigeance républicaine et de la transformation sociale à la « godille » politique, faite d’ajustements permanents et de renoncements silencieux. Une victoire sans cohérence est une victoire fragile, souvent éphémère, et toujours décevante. Perdre une élection peut être une étape. Perdre son âme est une faute.