Ma conviction : face aux crises, la République ne doit jamais transiger
La période que nous traversons, marquée par des tensions internationales extrêmes, exige de nous, responsables politiques, une clarté totale. Invité de l’émission « Les 4V » sur France 2, j’ai tenu à réaffirmer les principes qui guident mon action, entre réalisme diplomatique et justice sociale.
Face à l’escalade militaire entre l’Iran, les États-Unis et Israël, la question du droit international est souvent brandie comme un bouclier. Mais soyons lucides : depuis la création de l’ONU, les guerres officiellement validées par le Conseil de sécurité se comptent sur les doigts d’une main.
Est-ce que l’intervention actuelle est « légale » au sens strict ? Le débat est complexe. Mais est-elle légitime du point de vue des populations qui subissent depuis 47 ans le joug d’un régime théocratique et brutal ? Ma réponse est oui. On ne peut rester indifférent à la menace permanente que représentent le régime des Mollahs et ses proxys (Hezbollah, Hamas) pour la stabilité de la région. En tant que responsable politique, je refuse de m’enfermer dans une « naïveté diplomatique » qui consisterait à regarder ailleurs pendant que des peuples aspirent à la liberté.
Sur le front intérieur, mon combat reste celui de la protection des plus vulnérables. Nous fêtons les 80 ans de la Sécurité sociale, et je ne laisserai pas ce pilier de notre pacte républicain être fragilisé par des logiques comptables injustes.
Le gel des prestations sociales ou le doublement des franchises médicales sont des mesures inacceptables. Je les combats fermement, car elles s’apparentent à un « impôt sur la maladie ». La justice sociale n’est pas une option, c’est le ciment de notre nation. Si nous voulons assurer l’avenir de la protection sociale, nous devons aller chercher des recettes justes, comme le préconise d’ailleurs la Cour des comptes, plutôt que de pénaliser les Français dans leur quotidien.
Enfin, j’ai voulu clarifier ma position au sein de la gauche. Je défends une gauche de gouvernement, une gauche du compromis utile et non de la surenchère permanente.
Ma rupture avec Jean-Luc Mélenchon est désormais définitive. On ne peut pas prétendre diriger la gauche tout en jouant avec des codes qui frisent l’antisémitisme ou en utilisant la conflictualisation systématique comme stratégie politique. Je préfère porter mes combats avec sincérité, quitte à prendre des risques électoraux, plutôt que de valider des dérives qui abîment le débat public. Pour moi, la politique, c’est d’abord rester fidèle à ses valeurs et ses principes.