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Ilan Halimi : vingt ans après, le combat continue

Il y a vingt ans, le meurtre antisémite de Ilan Halimi bouleversait notre pays. Vingt ans plus tard, la question demeure : qu’est-ce qui a changé ?

Son souvenir me hante. Il a précédé tant d’autres drames. Les clichés antisémites, que l’on croyait marginalisés, se sont diffusés, amplifiés, banalisés parfois. Les mots qui tuent circulent sur les réseaux sociaux, s’invitent dans certains discours, alimentent la peur et fracturent notre communauté nationale. Face à cela, une seule ligne : ne rien laisser passer. C’est notre combat.

Je pense à Ruth Halimi, sa mère, à ses deux sœurs, à sa famille. Leur dignité dans l’épreuve impose le respect et oblige la République. Depuis vingt ans, à Sainte-Geneviève-des-Bois, en Essonne et partout dans le pays, nous ne lâchons rien.

Comme chaque année depuis le drame, la Ville de Sainte-Geneviève-des-Bois a rendu hommage à Ilan Halimi le 13 février. Pour la première fois, je n’ai pas pu y assister, retenu à la cérémonie d’hommage organisée au Palais de l’Élysée. Je veux saluer le discours fort du Président de la République. J’avais considéré comme fautive son absence à la manifestation de 2023. 

Le Président de la République a planté un chêne de vingt ans dans les jardins de l’Élysée, symbole de l’enracinement de la mémoire d’Ilan Halimi dans la République. Vingt ans jour pour jour après sa mort, retrouvé agonisant le long d’une voie ferrée et décédé lors de son transfert à l’hôpital au terme de trois semaines de sévices, la nation a réaffirmé que l’oubli n’est pas une option.

L’après-midi, je me suis rendu à l’Hôtel de Matignon pour la remise du Prix Ilan Halimi, présidée par Émilie Frèche, contre le racisme et l’antisémitisme. Les lauréats de la 8ème édition ont été reçus par les membres du Gouvernement, le délégué interministériel et de nombreux représentants du monde associatif engagés dans ce combat. Chaque année, ce prix récompense des jeunes de moins de 25 ans qui s’engagent concrètement contre les préjugés racistes et antisémites.

Je veux adresser mes félicitations à l’ensemble des lauréats, et en particulier au Lycée Albert Einstein de Sainte-Geneviève-des-Bois, distingué par le jury. C’est une belle reconnaissance pour notre département.

Ce prix, je l’avais créé en Essonne en 2014 lorsque j’étais Président du Département. J’avais ensuite suggéré à Édouard Philippe d’en faire un prix national. Le voir aujourd’hui inscrit dans l’agenda républicain, porté au plus haut niveau de l’État, est une fierté.

Cette année encore, j’ai été impressionné par le travail des collégiens, lycéens, étudiants et de leurs enseignants. Leur créativité, leur lucidité, leur engagement montrent que tout n’est pas perdu pour déconstruire les stéréotypes racistes.

Depuis vingt ans, nous savons que l’antisémitisme ne disparaît pas de lui-même. Il se combat sans relâche, dans la loi, dans l’école, dans la parole publique, dans chaque espace de débat. La mémoire d’Ilan Halimi nous oblige. Elle nous rappelle que la République doit être intransigeante face à la haine.

Ne rien laisser passer : c’est plus qu’un mot d’ordre, c’est un devoir.